Six mois et demi après l'explosion du 18 janvier dans une aciérie de Mongolie-Intérieure, le rapport officiel publié le 2 août établit qu'une fuite avait été repérée une heure vingt-six avant la déflagration, sans que la production soit interrompue. L'accident a fait 10 morts et 84 blessés. Soixante-deux personnes sont sanctionnées, de l'agent de maintenance jusqu'aux autorités régionales.
L'équipement en cause est un réservoir sphérique numéro 1 de 650 mètres cubes contenant de l'eau saturée et de la vapeur. Les enquêteurs décrivent un endommagement irréversible de la paroi interne, combinant fissuration par corrosion sous contrainte alcaline et fatigue de corrosion, sous l'effet conjugué de la corrosion par le fluide, de contraintes localisées et de charges alternées.
Ce dommage s'est accumulé jusqu'à traverser l'épaisseur de la paroi, provoquant une fuite d'eau saturée au nord du cordon de soudure circulaire inférieur. Faute de traitement efficace, la pression a dépassé la capacité résiduelle du réservoir fissuré, la soudure s'est déchirée sur toute sa circonférence et le réservoir s'est disloqué, entraînant la vaporisation instantanée de son contenu.
Le rapport exclut explicitement le séisme, les conditions météorologiques extrêmes, la catastrophe naturelle et l'acte de malveillance, sur la base d'attestations des services sismologiques, météorologiques et d'urgence de Baotou.
La production n'a jamais été arrêtée et le périmètre n'a pas été évacué. Au moment de l'explosion, six ouvriers de l'entreprise sous-traitante Shandong Qunqi démontaient des coffrages à l'ouest du réservoir, dans le cadre d'un projet de récupération de vapeur résiduelle. Ils ont été tués, avec deux agents de sécurité de l'usine et deux ouvriers qui passaient à proximité. Les 84 blessés se trouvaient dans les bâtiments administratifs et le reste du site.
Le soir même, l'exploitant avait fait état de 2 morts et 8 disparus. Les opérations de recherche ont mobilisé plus de 1 300 personnes et une soixantaine de véhicules.
Il ajoute un manquement des comités du Parti, des gouvernements locaux et des administrations compétentes de Baotou et du district de Kundulun dans l'exercice de leurs missions.
Les suites sont réparties sur plusieurs registres. Le parquet du district de Kundulun a validé l'arrestation de sept employés de l'usine, six autres personnes devant être transmises aux autorités judiciaires. Quatre entités reçoivent des sanctions administratives : l'exploitant Baogang Gufen, deux entreprises intervenues sur l'équipement et l'antenne de Baotou de l'institut régional d'inspection des équipements spéciaux.
Des sanctions disciplinaires du Parti et administratives visent des responsables du groupe Baogang et de ses filiales, ainsi que des agents des administrations de régulation des marchés, de gestion des urgences et de supervision des actifs publics aux niveaux municipal, de district et régional. Le comité du Parti et le gouvernement du district de Kundulun doivent adresser une autocritique écrite à l'échelon de Baotou, tandis que Baotou et le groupe Baogang doivent en adresser une à l'échelon de la région autonome.
C'est ce qui explique à la fois le périmètre inhabituellement large des sanctions, qui remontent jusqu'aux administrations régionales, et le délai de six mois et demi entre les faits et la publication du rapport.
Sur le plan légal, l'exploitant est visé pour violation de l'article 13 de la loi sur la sécurité des équipements spéciaux, la sanction étant fondée sur l'article 90 du même texte.
L'entreprise fait état d'un décompte partiellement différent de celui du rapport, mentionnant sept personnes déjà visées par des mesures de contrainte judiciaire, deux dont le transfert aux autorités judiciaires est recommandé, dix-sept propositions de sanction administrative et quatorze sanctions disciplinaires déjà prononcées. Cet écart tient vraisemblablement au périmètre retenu, la communication de l'entreprise ne couvrant que ses propres effectifs.
Vous travaillez dans l'industrie ou la maintenance en Chine ? La question du droit d'arrêt en cas de doute revient souvent. Vos retours d'expérience sont bienvenus en commentaire.
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Date et heure de l'explosion | 18 janvier 2026, 15h01 |
| Bilan humain | 10 morts, 84 blessés |
| Délai entre détection de la fuite et explosion | 86 minutes |
| Pertes économiques directes | 67,23 millions de RMB (environ 8,7 millions d'euros) |
| Personnes visées par une sanction | 62 |
| Personnes placées en détention | 7 |
| Délai de publication du rapport | 6 mois et demi |
Ce que conclut le rapport
Le département de la gestion des urgences de Mongolie-Intérieure a mis en ligne le 2 août le rapport d'enquête sur l'explosion survenue à l'usine de tôles en acier aux terres rares de Baogang, dans le district de Kundulun à Baotou. L'accident est qualifié d'accident majeur de production engageant une responsabilité en matière de sécurité, une catégorie juridique précise sur laquelle repose l'ensemble des suites.L'équipement en cause est un réservoir sphérique numéro 1 de 650 mètres cubes contenant de l'eau saturée et de la vapeur. Les enquêteurs décrivent un endommagement irréversible de la paroi interne, combinant fissuration par corrosion sous contrainte alcaline et fatigue de corrosion, sous l'effet conjugué de la corrosion par le fluide, de contraintes localisées et de charges alternées.
Ce dommage s'est accumulé jusqu'à traverser l'épaisseur de la paroi, provoquant une fuite d'eau saturée au nord du cordon de soudure circulaire inférieur. Faute de traitement efficace, la pression a dépassé la capacité résiduelle du réservoir fissuré, la soudure s'est déchirée sur toute sa circonférence et le réservoir s'est disloqué, entraînant la vaporisation instantanée de son contenu.
Le rapport exclut explicitement le séisme, les conditions météorologiques extrêmes, la catastrophe naturelle et l'acte de malveillance, sur la base d'attestations des services sismologiques, météorologiques et d'urgence de Baotou.
Les 86 minutes qui précèdent l'explosion
C'est la partie la plus documentée du rapport, et la plus accablante. La chronologie reconstituée est la suivante :- 13h35 : un employé d'une entreprise sous-traitante passant à proximité repère la fuite sur le réservoir et alerte immédiatement la salle de contrôle
- 13h41 et 13h43 : deux agents de contrôle se rendent sur place, l'un signale la fuite dans un groupe de travail WeChat
- 13h47 : un agent du service énergie est prévenu par téléphone, sans précision sur la nature exacte du problème
- 13h54 : le responsable technique du service énergie se déplace à son tour
- 14h02 : trois responsables examinent sur site les mesures à prendre
- 14h07 : la vanne électrique d'admission de vapeur est fermée
- 14h15 : la même vanne est rouverte sur instruction hiérarchique
- 14h34 : le responsable technique appelle le directeur du service énergie
- 15h01 : le réservoir se disloque
La production n'a jamais été arrêtée et le périmètre n'a pas été évacué. Au moment de l'explosion, six ouvriers de l'entreprise sous-traitante Shandong Qunqi démontaient des coffrages à l'ouest du réservoir, dans le cadre d'un projet de récupération de vapeur résiduelle. Ils ont été tués, avec deux agents de sécurité de l'usine et deux ouvriers qui passaient à proximité. Les 84 blessés se trouvaient dans les bâtiments administratifs et le reste du site.
Le soir même, l'exploitant avait fait état de 2 morts et 8 disparus. Les opérations de recherche ont mobilisé plus de 1 300 personnes et une soixantaine de véhicules.
Une chaîne de responsabilité qui dépasse l'usine
Le rapport ne s'arrête pas à la gestion de l'incident. Il retient une conception initialement insuffisante de l'équipement, des défauts de fabrication, des contrôles et inspections non conformes aux règles, un entretien courant lacunaire, une gestion de la sécurité désordonnée et un traitement inapproprié sur le terrain.Rapport d'enquête a dit:Conception insuffisante, défauts de fabrication, contrôles non conformes, gestion de la sécurité désordonnée.
Il ajoute un manquement des comités du Parti, des gouvernements locaux et des administrations compétentes de Baotou et du district de Kundulun dans l'exercice de leurs missions.
Les suites sont réparties sur plusieurs registres. Le parquet du district de Kundulun a validé l'arrestation de sept employés de l'usine, six autres personnes devant être transmises aux autorités judiciaires. Quatre entités reçoivent des sanctions administratives : l'exploitant Baogang Gufen, deux entreprises intervenues sur l'équipement et l'antenne de Baotou de l'institut régional d'inspection des équipements spéciaux.
Des sanctions disciplinaires du Parti et administratives visent des responsables du groupe Baogang et de ses filiales, ainsi que des agents des administrations de régulation des marchés, de gestion des urgences et de supervision des actifs publics aux niveaux municipal, de district et régional. Le comité du Parti et le gouvernement du district de Kundulun doivent adresser une autocritique écrite à l'échelon de Baotou, tandis que Baotou et le groupe Baogang doivent en adresser une à l'échelon de la région autonome.
Pourquoi la qualification juridique compte
La classification retenue n'est pas une formule. Le règlement chinois sur le signalement et le traitement des accidents de production distingue quatre niveaux de gravité, déterminés par le nombre de morts, de blessés graves et le montant des pertes directes. Le seuil de l'accident majeur se situe entre 10 et 29 décès. Avec dix morts, le dossier bascule dans cette catégorie et relève d'une enquête conduite au niveau du gouvernement provincial ou régional, et non de la municipalité.C'est ce qui explique à la fois le périmètre inhabituellement large des sanctions, qui remontent jusqu'aux administrations régionales, et le délai de six mois et demi entre les faits et la publication du rapport.
Sur le plan légal, l'exploitant est visé pour violation de l'article 13 de la loi sur la sécurité des équipements spéciaux, la sanction étant fondée sur l'article 90 du même texte.
Où en est le site
Dans sa communication réglementaire du 2 août, Baogang Gufen indique que les lignes de production concernées ont intégralement repris et qu'une déclaration de sinistre a été déposée auprès de son assureur.L'entreprise fait état d'un décompte partiellement différent de celui du rapport, mentionnant sept personnes déjà visées par des mesures de contrainte judiciaire, deux dont le transfert aux autorités judiciaires est recommandé, dix-sept propositions de sanction administrative et quatorze sanctions disciplinaires déjà prononcées. Cet écart tient vraisemblablement au périmètre retenu, la communication de l'entreprise ne couvrant que ses propres effectifs.
- Département de la gestion des urgences de la région autonome de Mongolie-Intérieure, rapport d'enquête sur l'accident majeur d'explosion de réservoir de l'usine de tôles de Baogang, publié le 2 août 2026
- Xinhua, dépêche de Hohhot, 2 août 2026
- Chinanews, détail des sanctions et des autocritiques écrites, 2 août 2026
- Guancha, chronologie détaillée du 18 janvier reprise du rapport d'enquête, 2 août 2026
- Sina Finance, reprise du rapport et détail des entités sanctionnées, 2 août 2026
- Baogang Gufen (600010), communication réglementaire du 2 août 2026, caractéristiques du réservoir et suites
- National Business Daily, bilan consolidé et fondement légal des sanctions, 2 août 2026
- China Daily et Global Times, versions anglophones du 2 et 3 août 2026
- Règlement sur le signalement, l'enquête et le traitement des accidents de production, décret n° 493 du Conseil des affaires d'État, pour les seuils de classification
- Taux de change retenu : 1 EUR = 7,76 RMB au 3 août 2026
